France: prêt d’État pour six nouvelles tranches nucléaires

Le Conseil de politique nucléaire (CPN), présidé par Emmanuel Macron, a décidé d’accorder à l’entreprise publique Électricité de France (EDF) un prêt subventionné qui couvrira au moins la moitié des coûts de construction de six nouvelles tranches nucléaires. La décision finale d’investissement est attendue pour 2026.

21 mars 2025
Le site de Penly en Normandie
Les deux premiers EPR2 de France devraient être construits sur le site de Penly en Normandie.
Source: EDF

En février 2022, le président Macron avait annoncé que le moment était venu de relancer le nucléaire en France. Il avait ajouté qu’il entendait prolonger tous les réacteurs qui pouvaient l’être sans rien céder sur la sûreté, et présenté un programme de construction de six EPR2, avec une option pour huit EPR2 supplémentaires. Les trois première paires d’EPR2 devraient être implantées, dans l’ordre, sur les sites de Penly, de Gravelines, et du Bugey ou de Tricastin. Le lancement des travaux est prévu pour 2027. Les coûts, tout d’abord budgétés à 51,7 milliards d’euros, ont été corrigés à 67,4 milliards d’euros en 2023.

Lors d’une réunion tenue le 17 mars 2025, le CPN «a examiné les grands principes du schéma de financement et de régulation du programme de construction de six réacteurs EPR2», a annoncé la présidence dans un communiqué. «Ce schéma est basé sur un prêt de l’État bonifié couvrant au moins la moitié des coûts de construction et un contrat pour différence sur la production nucléaire à un prix maximal de 100 €2024/MWh».

Toujours selon la présidence, les négociations entre EDF et l’État sur ce financement devraient être finalisées «dans les prochaines semaines». Les détails de l’accord seront ensuite communiqués à la Commission européenne pour approbation.

À l’issue d’un point détaillé, la présidence a par ailleurs indiqué que le gouvernement avait demandé à EDF d’accélérer ses travaux préparatoires, tout en reportant d’environ trois ans, soit à 2038, la date visée pour la mise en service de la première tranche.

EDF doit donc «amplifier les actions de maîtrise des coûts et du calendrier» afin de présenter d’ici la fin de l’année «un chiffrage engageant, en coûts et en délais». La décision finale d’investissement d’EDF devrait être prise en 2026, poursuit le communiqué.

Cette décision vise à garantir qu’EDF soit mieux préparée pour lancer des projets nucléaires de plusieurs milliards, après les retards et les dépassements de coûts subis par les projets de Flamanville (France) et de Hinkley Point C (Grande-Bretagne), tous deux menés avec le soutien d’EDF.

Contrat pour différence ou contrat d’écart compensatoire (CEC)
Un CEC est un modèle de subvention qui garantit un certain prix – appelé prix d’exercice – par unité d’électricité produite dès qu’une centrale nucléaire est en service. Pour chaque MWh d’électricité produit par la centrale nucléaire, l’État doit, si le prix de marché de l’électricité vendue est inférieur au prix d’exercice, compenser la différence pendant la durée du contrat. Si le prix du marché devait dépasser le prix d’exercice, ce serait à EDF de rembourser la différence.

Dans le cas des projets basés sur des CEC, les versements ne sont effectués qu’à partir du moment où la centrale nucléaire est mise en service avec succès – ce qui peut parfois prendre une dizaine d’années ou plus après le début de la construction. Cela signifie que les coûts de développement préalables, qui se chiffrent en milliards, ainsi que les coûts de construction doivent être financés par le développeur du projet et ses investisseurs.

Source

M.A./D.B. d’après un communiqué de presse du palais de l’Élisée du 17 mars 2025 et une nouvelle de NucNet du 17 mars 2025

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